Et ce défi, les Grenoblois l'ont cette fois relevé. Pour ce qui est du jeu, la démonstration aura singulièrement prêché dans la manière, mais pour ce qui est du réalisme, Montpellier n'a pu qu'admettre la supériorité de son hôte du soir, ce que Rolland Courbis, l'entraîneur montpelliérain, reconnaissait volontiers au micro d'Eurosport: "On a fait un match trop moyen, même si on était plus prêt du 1-1 que du 2-0 en seconde période. Mais le petit brin de réussite vient toujours du côté de l'équipe qui le mérite et ce n'était pas nous ce soir." Un discours des plus fair-play auquel répondait la satisfaction de Bazdarevic: "On ne l'a pas volé et c'est un soulagement parce que cela faisait deux ou trois matches qu'on n'était pas récompensés. Le technicien isérois qui admettait à demi-mots la piètre qualité du jeu pratiqué par sa formation: J'espère qu'on va retrouver notre jeu et qu'on pourra voir un Grenoble encore meilleur à l'avenir."
Le grand numéro de Djadjedje
Mais alors que les Isérois, bien décidés à récupérer leur place sur le podium, entendent enflammer ce début de match, Grenoble a toutes les peines à bousculer une équipe héraultaise organisée et bien en place sur la pelouse de Lesdiguières. Tant et si bien que les vingt premières minutes ne donnent lieu à aucune occasion digne de ce nom et c'est même plutôt Montpellier qui domine cette entame et inquiète Grégory Wimbée sur ce bon coup-franc de Grégory Lacombe que Malek Ait Alia ne peut détourner (21e). Mais la première étincelle dans le jeu est la bonne pour Grenoble avec à l'origine le débordement de Franck Djadjedje, qui sollicite le une-deux avec Bouchaïb El Moubarki, et dont le grand pont met dans le vent Gino Padula, pourtant plutôt à son avantage depuis le coup d'envoi. Le centre parfait de l'ancien parisien trouve au second poteau la tête victorieuse de Hristro Yanev. Le Bulgare n'a plus qu'à ajuster son coup de tête pour battre un Geoffrey Jourdren impuissant et inscrire son deuxième but de la saison (1-0, 24e).
Une ouverture du score qui coupait les jambes des joueurs de Courbis et libérait les Grenoblois, à l'image de cette bonne frappe de Biagui Kamissoko obligeant Jourdren à se coucher (34e). Les débats se durcissent, curieusement sous l'impulsion des Isérois, et la fin de cette première période est marquée par l'agression sur le capitaine montpelliérain, Bruno Carotti, du buteur Yanev, auteur d'une vilaine semelle et sanctionné d'un carton jaune (39e), tout comme son coéquipier Jimmy Mainfroi fautif loin du jeu sur Karim Ait Fana (36e). Ce sera tout pour ce premier acte et la pause est bienvenue pour calmer les esprits.
C'est raté si l'on s'en tient à ce carton jaune récolté dès la reprise par le Montpelliérain Souleymane Camara pour un accrochage avec Maxence Flachez (47e). Un retour des vestiaires marqué par une certaine apathie des Grenoblois qui semblent se reposer sur ce petit but d'avance et laissent Montpellier prendre ses aises. Si Carotti frôle la correctionnelle et le rouge sur une faute grossière enrayant le raid d'un Nassim Akrour filant au but (65e), ce sont bien les visiteurs qui sont à deux doigt d'égaliser. Une première fois sur cette double opportunité de Lamine Sakho, entré en jeu à la pause (79e), puis surtout sur ce superbe une-deux qui met sur orbite Karim Ait Fana. Le petit attaquant héraultais se présente devant Wimbée qui s'interpose avec brio (82e). Montpellier vient de laisser passer sa chance. Six minutes plus tard, Mapou Yangambiwa, à la suite d'un cafouillage dans la surface montpelliéraine, commet l'irréparable. Un but contre son camp après que N'Ganga a centré pour Akrour dont la reprise du plat du pied droit vient heurter le talon du jeune centrafricain. 2-0 pour Grenoble qui tient sa victoire et sa troisième place!
